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Qu'est-ce que le PAVE ?
Le plan de mise en accessibilité de la voirie et des aménagements des espaces publics est obligatoire pour toutes les communes de plus de 1000 habitants.
L'établissement public de coopération intercommunale (EPCI) peut être chargé de l'élaboration du PAVE s'il en a reçu la compétence de la part des communes par un transfert opéré selon la procédure prévue à l'article L.5211-17 du Code général des collectivités territoriales (CGCT).
Le PAVE concerne toute la voirie présente sur la commune, qu'elle appartienne ou soit gérée par la commune, une structure intercommunale, des acteurs privés, le département ou encore l'Etat.
Ce document sert à la fois de planification, d'outil de pilotage stratégique, d'outil évolutif de programmation de l'aménagement urbain.
Il présente :
- l'état des lieux de l'accessibilité de la voirie
- une évaluation et une hiérarchisation des propositions d'aménagement
- la mise en évidence des chaînes de déplacement permettant d'assurer la continuité des cheminements accessibles entre les différents points-clef de la commune
- les propositions de travaux d'amélioration pour assurer l'accessibilité
- l'estimation chiffrée des travaux nécessaires
- la programmation pluriannuelle des travaux et le suivi des actions.
Il a pour objectif de :
- Établir un état des lieux de l'accessibilité de la collectivité
- Sensibiliser et d'acculturer tous les acteurs concernés
- Aider à la décision par le partage d'un diagnostic et la hiérarchisation des actions
- Faire des préconisations de mise en conformité
- Avoir une obligation de résultat.
Pour organiser cet état des lieux, il est conseillé de caractériser les quartiers en zones homogènes en décrivant :
- le bâti
- les parcelles
- la voirie
- les espaces verts
Les zones peuvent alors être qualifiées en termes d'accessibilité pour définir sont état global selon tous modes de transports.
Le PAVE a pour but d'indiquer les délais de réalisation des aménagements, de préciser la périodicité de son évaluation, et de définir quand et comment il pourra être révisé.
Résumé des Points Clés
Le PAVE est un outil stratégique essentiel qui permet de :
- Diagnostiquer l’accessibilité de l’ensemble des voiries et espaces publics d’une commune.
- Planifier et hiérarchiser les travaux d’aménagement pour garantir la continuité des déplacements pour les PMR.
- Impliquer tous les acteurs locaux dans une démarche de concertation et de mise en conformité, sous la contrainte d’une obligation de résultat.
- Prévoir des aides financières grâce aux dotations et subventions dédiées aux collectivités.
- Fixer des indicateurs techniques précis (pentes, paliers, traversées) pour un aménagement urbain accessible et sécurisé.
Optimiser la mise en accessibilité de votre territoire, c’est garantir la liberté de déplacement pour tous et améliorer la qualité de vie de vos concitoyens !
Comment mettre en oeuvre le dossier PAVE ?
Chaque organisme public ou privé est compétent pour mettre en oeuvre les mesures adoptées dans le cadre du PAVE qui concernent ses propres voiries ou ses compétences institutionnelles.
Le PAVE ne se limite pas à son élaboration et à son adoption, il doit être poursuivi par sa mise en oeuvre, son suivi et son évaluation.
La réglementation accessibilité doit être respectée pour tous les travaux réalisés sur la voirie publique ou privée, ouverte à la circulation publique, même si les travaux n'ont pas été prévus par le PAVE.
Des aides financières
La Dotation globale d'équipement (DGE) des départements peut subventionner les travaux réalisés dans le cadre du PAVE selon les choix locaux de la préfecture.
Les communes et les EPCI peuvent solliciter le concours de la Dotation d'Équipement des Territoires Ruraux (DETR) pour les travaux de mise en accessibilité de leurs espaces publics.
D'après l'article L2334-33 du CGCT, sont éligibles à cette dotation toutes les communes dont la population n'excède pas 2000 habitants dans les départements de métropole (et 3500 habitants dans les départements d'outre-mer) et n'excède pas 20 000 habitants dans les départements de métropole (35 000 en outre-mer) et dont le potentiel financier par habitant est inférieur à 1,3 fois le potentiel financier par habitant moyen de l'ensemble des communes dont la population est comprise entre 2000 et 20 000 habitants.
Certaines AOT allouent une subvention à des communes pour la réalisation de diagnostics d'accessibilité de la voirie existante et de travaux d'amélioration des déplacements des piétons.
Les petites communes ainsi que les intercommunalités qui souhaitent réaménager ou mettre en sécurité leur voirie peuvent disposer de programmes de subventions du département.

La mise en oeuvre du PAVE
La réussite d'un PAVE repose en priorité sur la concertation entre l'ensemble des acteurs et des usagers de la voirie et des espaces publics.
Le PAVE doit faire l'objet d'une concertation avec les AOT (autorités organisatrices des transports) compétentes sur le territoire communal ou intercommunal, le Conseil départemental, le cas échéant, le Conseil régional, les gestionnaires de réseaux urbains, les services techniques et la maîtrise d'usage, et en particulier toutes les associations représentatives des commerçants implantés sur le territoire communal.
Cette concertation peut associer l'ensemble des usagers et services techniques dont les activités ont un impact sur la voirie.
La commune communique sur l'élaboration du PAVE en :
- affichant pendant un mois en mairie (ou au siège de l'EPCI) la décision prise
- transmettant cette décision à la commission communale ou intercommunale pour l'accessibilité aux personnes handicapées
- informant par le président de la Commission consultative départementale de sécurité et d'accessibilité (CCDSA) ainsi que du président du Conseil départemental consultatif des personnes handicapées (CDCPH)
Les communes ou EPCI doivent déterminer les moyens pour mobiliser cette expertise :
- en élaborant le PAVE en régie, ce qui permet une prise en compte des besoins de la commune mais nécessite de disposer de compétences en interne dont l'importance ne doit pas être sous-estimée.
- en déléguant à un bureau d'études externe spécialisé en accessibilité dont la compétence ne doit pas être que technique mais doit intégrer une compétence de conception de l'espace public (architecte-urbaniste-paysagiste).
Le PAVE doit être approuvé par délibération du conseil municipal ou de l'organe délibérant de l'EPCI.
Il doit être suivi et évalué avec une périodicité fixée par le plan. Il s'agit d'un document pérenne.
Quelques conseils
Vous pouvez solliciter l'expertise et les conseils méthodologiques techniques sur l'élaboration du PAVE de la DDT(M).
Avec, par exemple, la mise à disposition d'un cadre de cahier des charges de consultation pour la réalisation des PAVE.
Un rapport de l'Obiaçu en 2012 préconisait de mettre à disposition des communes de moins de 500 habitants l'expertise détenue par les DDT(M) et autoriser ces dernières à réaliser des diagnostics d'accessibilité.
Les collectivités locales peuvent aussi intégrer la démarche du PAVE dans d'autres démarches de planification. Il fait partie intégrante du Plan de Déplacements urbains (PDU), le PDU se rapportant aux déplacements piétons et au stationnement.
Quelles sont les prescriptions techniques dans le PAVE ?
A. Pentes
Une pente nécessaire au franchissement d'une dénivellation doit être inférieure à 5 %. Un palier de repos doit être aménagé en haut et en bas de chaque plan incliné lorsqu'elle dépasse 4 %.
Une pente de cheminement supérieure à 5 % jusqu'à 8 % est tolérée sur une longueur inférieure à 2 m en cas d'impossibilité technique (colline, montagne).
B. Paliers de repos
Le palier de repos est aménagé à chaque bifurcation du cheminement, il doit être horizontal et ménager un espace de 1,20 x 1,40 m hors obstacle.
C. Profil en travers
En cheminement courant, le dévers doit être inférieur ou égal à 2 %. La largeur minimale du cheminement est de 1,40 m libre de mobilier urbain ou de tout autre obstacle éventuel.
Elle peut toutefois être réduite à 1,20 m en l’absence de mur ou d’obstacle de part et d’autre du cheminement.
Si la largeur du trottoir le permet, un passage horizontal de 0,80 m est réservé au droit des traversées piétonnes entre la pente du plan incliné vers la chaussée et le cadre bâti ou tout autre obstacle.
D. Traversées pour piétons
Une bande d'éveil à la vigilance doit être implantée pour avertir les personnes atteintes de déficience visuelle.
Des "abaissés" de trottoir doivent être aménagés au droit de chaque traversées pour piétons, avec des ressauts dont la hauteur ne peut être supérieure à 2 cm.
E. Ressauts
Les ressauts sur les cheminements et au droit des passages pour piétons sont soit à bords arrondis, soit munis de chanfreins. Leur hauteur doit être de 2 cm maximum.
Lorsque les ressauts sont aménages en chanfrein "à un pour trois" elle peut atteindre 4 cm.
La distance minimale entre deux ressauts successifs est de 2,50 m. Les pentes comportant plusieurs ressauts successifs, dits pas-d’âne , sont interdites.
Même dans les zones à forte pluviométrie, il est fortement recommandé de mettre les ressauts à 0 tout en veillant à l’évacuation des eaux fluviales.
F. Équipements et mobiliers sur cheminement
1) Les trous ou fentes dans le sol résultant de la présence de grilles ou autres équipements ont un diamètre ou une largeur inférieurs à 2 cm ;
2) Afin de faciliter leur détection par les personnes malvoyantes, les bornes, poteaux et autres mobiliers urbains situés sur les cheminements comportent une partie contrastée soit avec son support, soit avec son arrière-plan selon les modalités définies en annexe I de l’arrêté précité.
La partie de couleur contrastée est constituée d’une bande d’au moins 10 cm de hauteur apposée sur le pourtour du support ou sur chacune de ses faces, sur une longueur au moins égale au tiers de sa largeur, et à une hauteur comprise entre 1,20 m et 1,40 m.
3) La largeur et la hauteur des bornes et poteaux respectent l’abaque de détection d’obstacles.
Tout mobilier urbain sur poteaux ou sur pieds comporte un élément bas situé à l’aplomb des parties surélevées lorsque celles-ci ne ménagent pas un passage libre d’au moins 2,20 m de hauteur.
L’annexe 3 de cet arrêté modifié par l’arrêté du 18 septembre 2012, prescrit les nouvelles exigences auxquels doivent satisfaire les bornes et poteaux. L’abaque de détection d’obstacles est l’outil qui permet de définir la hauteur minimale d’un poteau ou d’une borne en fonction de sa largeur et réciproquement.
4) S’ils ne peuvent être évités sur le cheminement, les obstacles répondent aux exigences suivantes :
- s’ils sont en porte-à-faux, ils laissent un passage libre d’au moins 2,20 m de hauteur;
- s’ils sont en saillie latérale de plus de 15 cm et laissent un passage libre inférieur à 2,20 m de hauteur, ils sont rappelés par un élément bas installé au maximum à 0,40 m sur sol ou par une surépaisseur d’au moins 3 cm de hauteur.
5) Si un cheminement pour piétons comporte un dispositif de passage sélectif, ou « chicane », sans alternative, celui-ci permet le passage d’un fauteuil roulant d’un gabarit de 0,80 m par 1,30 m.
G. Escaliers
S'il ne comporte aucun mur de chaque côté, sa largeur minimale est de 1,20 m.
S'il comporte un mur d'un seul côté, sa largeur minimale est de 1,30 m.
S'il est placé entre deux murs, sa largeur minimale est de 1,40 m.
La hauteur maximale des marches est de 16 cm. La largeur minimale du giron des marches est de 28 cm. Le nez des première et dernière marches doit être visible et contrasté visuellement.
A partir de 3 marches, tout escalier doit posséder une bande d'éveil à la vigilance en haut et en bas, ainsi qu'une main courante de chaque côté.
H. Stationnement réservé
Les places de stationnement réservé doivent représenter au moins 2% de l'ensemble des emplacements de stationnement.
Un emplacement réservé a une largeur minimum de 3,30 m et doit présenter une pente et un dévers transversal inférieurs à 2 %. S'il n'est pas de plain-pied avec le trottoir, un passage d'une largeur au moins égale à 0,80 m permet de rejoindre le trottoir en sécurité sans emprunter la chaussée.
Les usagers d'un stationnement réservé doivent être titulaires de la Carte mobilité inclusion (CMI) stationnement.
Les instructions figurant sur les parcmètres et horodateurs sont lisibles en toute condition en position assise comment en position debout.
Les commandes de ces dispositifs doivent être situés entre 0,90 m et 1,30 m du sol.
I. Signalétique et systèmes d'information (hors signalisation routière)
Les informations visuelles apposées sur le mobilier urbain et destinées à l'indication des lieux ou à l'information du public peuvent être doublées par un signal sonore.
Elles doivent être facilement compréhensibles et lisibles en toutes conditions, y compris d'éclairage, visibles en position assise et debout contrastées par un rapport de fond.
Les messages sonores doublant les messages visuels doivent être délivrés par un appareil permettant à une personne souffrant de déficience visuelle de les comprendre.
Lorsque le système d'information comporte des commandes, leur surface de contact tactile est située entre 0,90 et 1,30 m du sol. Ils doivent être identifiés par un pictogramme ou une inscription en relief.
J. Feux de circulation permanents
Les signaux pour les piétons aux feux de signalisation lumineuse sont complétés par des dispositifs sonores ou tactiles conformes à l'arrêté du 21 juin 1991 relatif à l’approbation de modifications de l’instruction interministérielle sur la signalisation routière et aux dispositions de l’article 110.2 de l’instruction interministérielle sur la signalisation routière.
K. Postes d'appel d'urgence
Les postes d'appel d'urgence doivent être conformes aux normes en vigueur, et ils doivent être munis du matériel nécessaire pour délivrer un retour d'information pouvant être reçu et interprété par une personne handicapée.
L. Emplacements d'arrêt de véhicule de transport collectif
Ils doivent être situés à une hauteur adaptée aux matériels roulants qui circulent sur la ligne de transport et sont accessibles par un cheminement piéton libre de tout obstacle.
Libre de tout obstacle, la largeur minimale de passage est de 0,90 m entre le nez de bordure de l'emplacement d'arrêt et le retour d'un abri pour voyageur éventuel.
Une aire de rotation de 1,50 m de diamètre permet la manœuvre d’une personne en fauteuil roulant pour utiliser le système d’aide à l’embarquement ou au débarquement du véhicule.
Les lignes de transport et leur destination sont indiquées à chaque emplacement d’arrêt desservi par celles-ci.
Le nom, la lettre ou le numéro identifiant éventuellement la ligne est indiqué en caractères de 12 cm de hauteur au minimum et de couleur contrastée par rapport au fond. Le nom du point d’arrêt peut être lu perpendiculairement à l’axe de la chaussée. Il doit commencer par une lettre majuscule suivie de minuscules et comporter des caractères d’au moins 8 cm de hauteur contrastés par rapport au fond.
Dans le cas d’un emplacement d’arrêt de transport guidé surélevé à plus de 26 cm de hauteur par rapport à la chaussée, une bande d’éveil de vigilance conforme aux normes en vigueur est implantée sur toute la longueur de l’arrêt.
Résumé des Points Clés
Le PAVE est un outil stratégique essentiel qui permet de transformer une agglomération en un espace véritablement accessible aux personnes à mobilité réduite.
- Objectif global : Garantir que tous les espaces de la commune soient accessibles, permettant ainsi à une personne en fauteuil roulant de circuler librement et sans contrainte.
- Champ d’application : Obligatoire pour les communes de plus de 1 000 habitants, le PAVE couvre l'ensemble de la voirie, qu'elle soit gérée par la commune, une intercommunalité, des acteurs privés, ou par l'État.
- Contenu principal : État des lieux de l'accessibilité, hiérarchisation des propositions d'aménagement, estimation chiffrée des travaux, programmation pluriannuelle et suivi des actions.
- Moyens de financement : Des aides telles que la DGE et la DETR sont mobilisées pour soutenir les travaux, en fonction des ressources et des choix locaux.
- Processus collaboratif : Le PAVE repose sur une concertation étroite entre tous les acteurs du territoire (Autorités organisatrices des transports, conseils départementaux et régionaux, gestionnaires de réseaux, associations, etc.) pour garantir une démarche inclusive et efficace.
Mettre en œuvre un PAVE solide, c'est assurer la liberté de déplacement pour tous et améliorer la qualité de vie dans l'espace urbain !
FAQ – Questions Fréquentes sur le PAVE
- Qu'est-ce que le PAVE ? Le Plan de Mise en Accessibilité de la Voirie et des Espaces Publics (PAVE) est un document obligatoire pour toutes les communes de plus de 1 000 habitants. Il a pour objectif de rendre l'ensemble de la voirie et des espaces publics accessible aux personnes à mobilité réduite en planifiant et en hiérarchisant les travaux d'aménagement.
- Quels sont les objectifs principaux du PAVE ? Le PAVE vise à diagnostiquer l'accessibilité de la collectivité, sensibiliser et impliquer l'ensemble des acteurs, hiérarchiser les propositions d'aménagement, et fixer des indicateurs techniques (pentes, paliers, traversées) afin d'assurer la continuité des cheminements accessibles dans la ville.
- Qui est responsable de l'élaboration et de la mise en œuvre du PAVE ? L'élaboration du PAVE incombe aux communes ou aux établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) lorsque cette compétence leur est transférée par procédure. Sa mise en œuvre et son suivi nécessitent la concertation avec divers acteurs locaux tels que les autorités de transport, les services techniques, et les associations d’usagers.
- Quelles sont les composantes clés du PAVE ? Le document présente un état des lieux de l'accessibilité, une évaluation des propositions d'aménagement, l'estimation des coûts, la programmation pluriannuelle des travaux, ainsi que le suivi et l'évaluation des actions réalisées.
- Comment est financé le PAVE ? Différents dispositifs de financement existent, tels que la Dotation Globale d'Équipement (DGE) et la Dotation d'Équipement des Territoires Ruraux (DETR). Ces aides permettent aux communes et EPCI de subventionner les travaux d'aménagement en fonction des choix locaux et des ressources disponibles.
- Le PAVE est-il un document figé ? Non, le PAVE est un document évolutif qui doit être régulièrement réévalué et mis à jour pour tenir compte des besoins changeants du territoire et des usagers. Sa mise en œuvre s'inscrit dans une démarche continue de planification et de suivi.
- Quels aspects techniques sont abordés dans le PAVE ? Le plan détaille notamment la gestion des pentes (inférieures à 5 %, avec des paliers de repos pour les pentes dépassant 4 %), les dimensions minimales des cheminements, les dispositifs de sécurité pour les traversées piétonnes, ainsi que la signalisation et le contraste des équipements urbains.